Analyse juridique

Historique et rôle du fichier TAJ

Par Johann Avramov, responsable éditorial et directeur de la publication
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7 min de lecture
Mis à jour le 17 août 2026Contenu vérifié au regard des textes en vigueur

Le fichier TAJ est le fruit d'une longue évolution des fichiers de police en France. Comprendre son histoire permet de mieux appréhender son fonctionnement actuel et les enjeux liés à l'effacement.

Frise chronologique : le STIC en 1995, JUDEX en parallèle, puis la fusion en TAJ par le décret du 4 mai 2012.
Du STIC et de JUDEX au TAJ. Le décret du 4 mai 2012 fusionne les fichiers de la police nationale et de la gendarmerie en un fichier unique.

Les origines : du STIC au TAJ

Avant le TAJ, deux fichiers distincts coexistaient en France :

  • Le STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées), créé en 1995 et utilisé par la police nationale
  • Le JUDEX (système JUdiciaire de Documentation et d'EXploitation), utilisé par la gendarmerie nationale

Ces deux systèmes fonctionnaient en parallèle, sans véritable interconnexion, ce qui posait des problèmes d'efficacité pour les enquêteurs et de cohérence dans le traitement des données.

La création du TAJ en 2012

Le TAJ a été créé par un décret du 4 mai 2012 pour remplacer et fusionner le STIC et le JUDEX. Cette réforme visait plusieurs objectifs :

  • Unifier les fichiers police et gendarmerie
  • Moderniser les outils d'enquête
  • Améliorer le respect des droits des personnes fichées
  • Se conformer aux exigences de la CNIL

Bon à savoir

Lors de la migration du STIC vers le TAJ, de nombreuses données erronées ou obsolètes ont été transférées. C'est pourquoi il est important de vérifier votre situation et de demander l'effacement si nécessaire.

Le fonctionnement actuel du TAJ

Le TAJ est aujourd'hui le fichier de référence pour les enquêtes judiciaires. Il contient des informations sur :

  • Les personnes mises en cause dans des procédures pénales
  • Les victimes d'infractions (avec leur accord)
  • Les signalements de personnes disparues

Le fichier est accessible aux officiers et agents de police judiciaire dans le cadre de leurs missions. Il peut également être consulté lors d'enquêtes administratives pour certains emplois réglementés.

Les durées de conservation

Les durées sont fixées par l'article R40-27 du Code de procédure pénale. Elles dépendent de votre qualité — mis en cause majeur, mis en cause mineur, victime — et de listes limitatives d'infractions, et non de la distinction contravention / délit / crime :

  • 20 ans pour un majeur mis en cause, dans le cas général
  • 5 ans pour un majeur mis en cause, pour les délits routiers et les infractions énumérées par l'article R40-27 (I, 2°)
  • 40 ans pour un majeur mis en cause, pour les infractions les plus graves (tableau 1 : meurtre, viol, terrorisme, stupéfiants, traite des êtres humains…)
  • 5 ans pour un mineur mis en cause, dans le cas général — 10 ou 20 ans pour les infractions des tableaux 2 et 3
  • 15 ans au maximum pour les victimes

Si une nouvelle mise en cause intervient avant l'expiration d'une durée en cours, le délai restant le plus long s'applique à l'ensemble des données. L'effacement anticipé reste possible sous certaines conditions.

Les réformes récentes

Depuis sa création, le TAJ a fait l'objet de plusieurs évolutions réglementaires visant à renforcer les droits des personnes fichées :

  • Simplification des procédures d'effacement
  • Renforcement du contrôle de la CNIL
  • Amélioration de l'information des personnes concernées

Exercez vos droits

La loi vous permet de demander l'effacement de votre inscription au TAJ dans certaines conditions. Notre service vous accompagne dans cette démarche.

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